Dans le Gers, une révolution silencieuse transforme le quotidien des éleveurs de chevaux et de bovins : le pâturage tournant dynamique. Reflet d’une méthode innovante, cette approche privilégie une alimentation animale naturelle et respecte à la fois le sol, la biodiversité et le bien-être animal. Face aux débats sur la farine alimentation classique, certains voient dans cette gestion du pâturage une alternative durable, ancrée à la fois dans la tradition et dans les exigences écologiques contemporaines.
Le pâturage tournant, une réponse respectueuse pour l’élevage chevaux et bovins
À la ferme du Touarnet, Tom Le Pendeven et Mahé L’Hôte illustrent l’émergence d’un élevage alternatif. Leurs chevaux, herbivores monogastriques, bénéficient d’un accès permanent à des parcelles renouvelées deux fois par jour, ce qui permet d’éviter le surpâturage et de garantir une herbe constamment qualitative. Cette gestion intensive mais respectueuse optimise non seulement la santé des prairies, mais aussi la nutrition adaptée aux besoins spécifiques des équidés.
Cette pratique s’appuie sur un cycle précis : l’herbe est consommée de manière homogène sans laisser de zones de refus, tandis que les animaux fertilisent naturellement le sol, favorisant ainsi un cercle vertueux de régénération. En évitant le recours à la farine pour nourrir animaux, Tom et Mahé offrent un modèle d’élevage chevaux où la nature joue un rôle moteur dans le bien-être des bêtes.
Pratiques complémentaires pour un élevage bovin innovant
Non loin de là, à la ferme d’Enjacquet, c’est Thomas Becoye qui adopte cette méthode pour son troupeau bovin. Délaissant les modèles conventionnels d’élevage cloisonné et la logique de la farine, il a choisi la voie du troupeau à l’herbe toute l’année. Après une formation approfondie sur la gestion des prairies, il a rapidement constaté une nette amélioration du comportement de ses animaux, plus calmes et équilibrés, renforçant ainsi leur bien-être animal.
Le pâturage tournant dynamique devient ici un levier pour maximiser la santé et la productivité du troupeau. En ajustant avec précision les surfaces pâturées, Thomas préserve la qualité du couvert végétal même en hiver, tout en tirant profit d’un élevage bovins plus autonome et respectueux de l’écosystème.
Un réseau d’éleveurs engagés dans la gestion durable et respectueuse du pâturage
Dans ce département et au-delà, une trentaine d’éleveurs, conseillés par Xavier Barat de la SCOP Innov-Eco², s’inscrivent dans une dynamique collective. Chacun affûte sa méthode, élabore ses plans de pâturage et partage ses succès. Leurs efforts visent à replacer l’herbe au cœur de la production, réduisant la dépendance à la farine alimentation et promouvant une gestion pâturage pensée pour durer.
Ce réseau régional fédère près de 70 éleveurs, motivés à conjuguer élevage et écologie dans un même élan. Leurs expériences croisées font écho à une prise de conscience profonde : privilégier l’herbe et le pâturage tournant, c’est faire le choix d’une alimentation animale naturelle et d’un élevage alternatif qui respecte l’animal et son milieu.









