Depuis sa création en 2019, l’association Ne Crin Plus Rien s’est fixée pour mission de venir en aide aux chevaux victimes de maltraitance en Gironde. Fondée par Éric Martin, son président, cette structure, entièrement animée par des bénévoles, récupère des équidés restitués par la justice ou confiés temporairement pour leur offrir des soins et un nouveau foyer. Pourtant, derrière cet élan de protection animale, les apparences se fissurent progressivement à partir de 2022, quand une série de graves manquements éclate au grand jour.
Accusations et manquements au cœur de la gestion des chevaux en Gironde
Le parcours de Ne Crin Plus Rien est marqué par des alertes répétées : plusieurs chevaux étaient en divagation sur des terrains dispersés autour d’Izon et Saint-Sulpice-et-Cameyrac, lieux où l’association établissait ses refuges. Les procès-verbaux administratifs soulignaient un manque de rigueur dans la tenue des registres d’élevage, l’absence d’identification claire des équidés, et surtout des soins mal documentés. Certaines clôtures défaillantes laissaient ainsi les animaux s’échapper, ce qui a conduit à des incidents inquiétants, notamment une collision mortelle sur la RN 89 en novembre 2024. Les autorités départementales ont dû intervenir à plusieurs reprises en vain, constatant un refus constant de remédier aux déficiences signalées.
Conflits et tensions autour du sauvetage des chevaux
Au fil du temps, le président de l’association s’est retrouvé face à plusieurs accusations pour ne pas avoir respecté les mises en demeure, et pire, pour avoir entravé le placement urgent d’animaux en danger. Une intervention en juin 2024 restera dans les mémoires : un cheval malade avait besoin d’un retrait immédiat, mais la confrontation entre Éric Martin et les agents présents dégénéra, obligeant ceux-ci à renoncer sans parvenir à sauver l’animal qui disparut peu après. Ces épisodes marquent une fracture profonde entre les bonnes intentions affichées par l’association et la réalité de la protection animale sur le terrain.
Les associations de protection animale sonnent l’alarme
Face au climat de défiance instauré par Ne Crin Plus Rien, plusieurs organismes, dont la Fondation Brigitte Bardot, dénoncent un retard flagrant en moyens et en compétences au sein de l’association. L’avocat engagé pour la Fondation ne mâche pas ses mots : il insiste sur le fait que l’affaire ne se réduit pas à une question d’affection, mais bien à un problème de gestion sérieuse des animaux en détresse. Le retrait de plusieurs chevaux est réclamé, tout comme une interdiction temporaire à Éric Martin d’exercer toute activité en lien avec les chevaux. Dans un contexte juridique où la maltraitance animale fait l’objet d’une vigilance accrue, c’est un débat aux enjeux humains et éthiques profonds qui se déroule.
Enjeux et perspectives pour la protection des chevaux en Gironde
La problématique ne se limite pas à une simple affaire judiciaire ; elle questionne la façon dont les chevaux abandonnés ou maltraités sont pris en charge sur le territoire. Dans la région, plusieurs initiatives cherchent à pallier ces défaillances. Par exemple, d’autres associations spécialisées dans la réhabilitation des chevaux abandonnés s’efforcent d’offrir un environnement stable et un suivi rigoureux comme le rappelle le témoignage publié sur Bléré Havre Chevaux Abandonnés. De même, des structures dédiées à la voltige et à l’adoption encadrent les chevaux pour leur redonner une véritable chance, comme expliqué sur Écurie Voltige Chevaux Abandonnés.
Ce douloureux épisode souligne combien la protection animale nécessite des compétences solides, des ressources adéquates et surtout une responsabilité sans faille pour garantir le bien-être des équidés. La Gironde, avec ses campagnes vastes et ses enjeux agricoles, doit donc repenser ses stratégies de sauvetage des chevaux, en tirant les leçons de cette affaire.









